Journée professionnelle du 5 février 2015 – compte-rendu –

Le 5 février 2015, a eu lieu la journée professionnelle organisée par l’ADBEN Midi-Pyrénées, au lycée professionnelle Renée Bonnet, à Toulouse.

Nous avons eu l’honneur d’accueillir Anne Cordier qui a partagé sa réflexion sur la prise en compte des pratiques informationnelles des élèves dans les pratiques pédagogiques des professeurs documentalistes. Nous la remercions encore une fois chaleureusement.

L’intervention d’Anne Cordier a été suivie d’une « table ronde » animée par trois collègues professeurs documentalistes de l’académie, Marion Carbillet, Hélène Mulot et Marie Nallathamby. 

Le compte-rendu ci-dessous est en grande partie le fruit des notes d’Emmanuelle Mucignat, présidente de l’ANDEP et professeure documentaliste de notre académie. Nous la remercions également chaleureusement.

 

La journée a été ouverte par Danièle Amans, présidente de l’ADBEN Midi-Pyrénées. Suite à un présentation des interventions de la matinée, le partenariat entre l’ADBEN et l’ARDEP Midi-Pyrénées a été évoqué pour la construction d’une journée professionnelle commune en 2015/2016. Deux chantiers de la FADBEN ont été évoqués: celui du Wikinotions et celui de la publication Vers un curriculum en information-documentation. De même, les dates et le lieu du prochain congrès ont été rappelés aux collègues présents.

Intervention d'Anne Cordier

Afin d’introduire sa présentation, Anne Cordier a d’abord contextualiser  sa recherche-action  qui s’inscrit dans une approche sociale de l’information et pas dans une approche. didacticienne. Son objectif est de s’interroger, au delà des discours,  sur les imaginaires et les pratiques informationnelles des jeunes. La méthodologie de recherche employée se situe dans une recherche-action d’un an au sein d’ établissements scolaires, plus précisément dans un lycée où elle a été en immersion lors de séquences pédagogiques.

Observations sur les situations et les modalités opératoires  

Communication enseignants-enseignés

Quelle représentation les enseignants ont des pratiques des élèves ? De façon générale,  les enseignants ont le sentiment d’une pratique non maîtrisée, non distanciée qui serait davantage orientée sur les outils plutôt que sur l’information.

Quelle place donnent-ils à  la parole, à l’expression des pratiques de l’élève ? les élèves ont  conscience  d’avoir un feedback (rétroaction) dans leurs pratiques.

Grammaire documentaire 

Des situations artificielles de recherche engendrées par les professeurs documentalistes au service d’une démonstration verticale . Il s’agit de cadrer les apprentissages à tout prix en appliquant une grammaire documentaire issue des logiciels documentaires de type BCDI.

Ces situations artificielles se confrontent aux situations effectives, avec l’utilisation de Google par exemple. Usage (vocabulaire libre) qui se distingue de la grammaire documentaire issue de l’utilisation des logiciels documentaires (vocabulaire contrôlé)

Peur ? 

L’entrée dans Internet par les peurs et les dangers et son effet sur les représentations de l’expertise du professeur documentaliste par les élèves créée des situations qui décrédibilisent les professeurs documentalistes (on a peur de ce que l’on ne maîtrise pas).

L’entrée par les dangers d’Internet ne favorise pas le travail de créativité et d’appropriation des environnements numériques.

Pratiques et propositions d’action

Les pratiques d’interrogation des moteurs de recherche révèlent une fidélité des élèves à la consigne.

La solution est-elle de se replier sur le logiciel documentaire ? Non ! Cette solution vise à  asseoir la légitimité du professeur documentaliste car il propose une alternative à Internet. Le logiciel documentaire (BCDI, PMB) représente  notre terrain où « nous avons les pleins pouvoirs » et Google représenterait celui  des élèves.

Imiter ou créer de l’information ?

  • Exploitation d’un article de Wikipédia : entrer dans un article par les sources et références : en quoi ces sources sont-elles révélatrices de l’ancrage culturel d’un article de Wikipédia ?
  • Roman, ou le copié-collé créatif  – création d’un Mashup, exemple de consignes données par les enseignants :
    • Texte, image et son obligatoires
    • Au moins 1 référence du cours
    • Au moins 1 référence en dehors du cours (culture perso)
    • Document d’argumentation produit avec : les choix techniques, l’argumentation sur les sources, les références des films, le lien entre les figures héroïques…
  • Promouvoir la créativité info-communicationnelle

D’un environnement informationnel à un autre

  • Exploitation pour  le travail scolaire de l’environnement informationnel non formel
  • Pour un continuum de l’écosystème informationnel

Entre gestion de l’incertitude et affirmation de l’expertise 

  • Des apprentissages forts à soutenir : formaliser et revendiquer le vocabulaire au cours des apprentissages (différence entre site, portail, plateforme…)
  • Développer une culture technique pour une distanciation critique
  • Les savoirs info-documentaires participent des savoirs sur le monde
  • L’activité de recherche d’information : concevoir et expliciter que c’est une activité fondamentalement incertaine / activité aléatoire, jamais finie et anxiogène
  • L’incertitude, clé de voûte de l’enseignement de la recherche d’information : favoriser la posture de cheminement progressif
  • La posture du maître ignorant, mais plus encore… Le maître a une conscience plus importante de son ignorance que l’élève…
  • Pour une vision pro-active de l’information-communication : analyse des besoins, analyse des acquis ou présupposés acquis
  • Ne pas succomber à l’approche outils (comme les élèves, les professeurs documentalistes opèrent la même dérive lorsqu’ils favorisent le logiciel documentaire au détriment de Google)
  • Vers une approche communicationnelle et sociale des questions info-communicationnelles
 Table-ronde

« Le professeur documentaliste,  “chef d’orchestre” de situations d’apprentissage en EMI »

Marion Carbillet, Hélène Mulot et Marie Nallathamby , professeures documentalistes

L’idée principale est de faire de l’incertitude le levier de notre enseignement.
Constat: dépasser un enseignement artificiel, non transférable qui ignorerait les pratiques adolescentes. Rejet d’une course aux outils périssables.

Présentation de 3 parcours EMI intégrés dans les emplois du temps des élèves:

  • Quels gestes pour accueillir et réguler l’incertitude? (Marion Carbillet)

Des gestes créateurs de sens et faisant du lien avec la vraie vie (brainstorming, s’interroger sur les pratiques, prendre conscience des pratiques)

Des gestes qui positionnent le professeur documentaliste comme exepert en info doc com (apport de connaissance, aide à la conceptualisation en posant du vocabulaire..)

Des gestes qui régulent et individualisent les situations d’apprentissage (consignes, aide individuelle, validation d’étapes…)

  • Tendre vers des méthodes pédagogiques actives (Marie Nallathamby)

Rendre l’élève acteur: faire faire pour faire dire

Impliquer l’élève, le rendre acteur de son apprentissage

Accepter d’avoir des incertitudes sur les réactions et les réponses des élèves

Ajuster sa posture d’enseignant: observateur, évaluateur, médiateur, porteur de connaissances

  • Tisser une toile en commun autour de l’EMI: le pédagolab (Hélène Mulot)

S’appuyer sur les pratiques des élèves

Créer un espace d’échange prenant en compte les besoins de chacun

Mettre en œuvre une EMI distribuée et harmoniser les pratiques en développant un vocabulaire commun (par exemple autour du document de collecte)

 

 

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